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Monday, July 8, 2013

Histoire de Vie: Rencontres sur Criagslist

Je ne sais pas pourquoi j'ai commencé...un soir, au lieu de faire mes devoirs, j'étais sur Internet, en train de chercher un moyen de me divertir, de me faire oublier...le but semble souvent d'oublier la vie, d'oublier les problèmes qui remplissent mes poumons d'un air lourd de remords, qui donnent un goût âcre aux couleurs...

Ce soir là, j'étais sur Craigslist, dans la partie des sections amoureuses. C'était hilarant, de lire les notices de gens désespérés, de gens perdus, de gens comme moi. J'ai écrit ma propre annonce de recherche d'un chum ou juste d'un ami...ni trop syrupeux, ni trop bref, mais  surtout très honnête. Je crois que c'est ça qui a attiré toutes ces réponses, c'était le ton honnête de mon annonce. Ils reconnaissaient que j'avais un côté drôle, mais aussi un côté perdu, une partie de moi qui ne sait plus quoi faire avec mes pensées noires et folles...

En 4 heures j'ai reçue plus de 70 messages, et en une semaine, plus de 400. Ça m'a fait tout bizarre, de savoir que je n'avais de valeur que si je ne montrais pas mon visage. Je m'étais décrite exactement en personnalité, je n'avais rien changé, et je ne sais pourquoi mais des gens, des hommes bon sang, ont su voir quelque chose en moi. Mais avec mon visage de tous les jours, j'arrive à peine à allumer une alumette, aller voir un garçon, et encore moins ceux qui m'intéressent.

Les réponses que j'ai reçue variaient: ça allait de l'ennuyeux au commun, du fou furieux à l'obscène. Un véritable arc-en-ciel de messages, de poèmes, de demandes de rencontre dans un Starbucks... Je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir une sorte de pouvoir contre ces pauvres malheureux qui tentaient tant bien que mal d'obtenir une réponse, des mots doux, une consolation du fait que d'avoir répondu à mon message n'était pas complètement fou. Moi, je tirais satisfaction de me savoir pas nécessairement laide, mais pas particulièrement belle...mais au moins pour quelques instants, je me sentais avec le volant dans les mains, je pouvais continuer ou tuer une relation comme bon me semblait, de manière cruelle et arbitraire.

Au fur et à mesure, j'arrêtais de répondre à toutes les réponses; je faisais du triage. Puis, je ne répondais qu'à mes préférés, ceux qui semblaient relativement stables quoi. Et puis, finalement je n'ai gardé contact qu'avec un seul, un dénommé Daniel. 22 ans. Intéressant. Aime la literature et le cinéma. Il me demanda si on pouvais se rencontrer.

Je n'ai pas dit oui. Je n'ai pas dit non, non plus. J'ai tout simplement...éliminer la fausse adresse email que j'avais créé pour l'occasion. La blague avait duré trop longtemps et plus personne ne riait. Je ne riais plus. Je ne voulais plus être l'objet du fantasme éphémère de quelques hommes répandus dans ma ville. Ma vie n'est pas un film, et je n'allais ni épouser ce Daniel, encore moins le rencontrer. Peut-être que j'avais peur de la possibilité que quelque chose de vrai pouvais exister entre 2 écrans d'ordinateurs et quelques messages qui avaient plus l'allure de lettres. Mais pourquoi prendre de chances? Pourquoi attendre que ce pauvre Daniel me rencontre en face et voit mon véritable visage? 

Ce soir, j'ai déconnecté ce compte email, et je ne pourrais plus revivre ces supposés "conquêtes".

Je ne sais pas encore si je vais le regretter chèrement.

Tuesday, May 28, 2013

Alcool et amour

Un aimant devant moi, mais qu'un objet pour toi
Une autre bouteille parmis les autres, aucun appat.

Une seule gorgée apporte pourtant l'oubli et le bonheur
Des fausses promesses, cependant, irresistible leurre.

Mon cerveau soudainement brumeux
Des étoiles brillant dans mes yeux
Je veux danser, bouger, chanter,
Je veux oser, braver, aimer.

Serre moi dans tes bras trépides,
Remplace ma liberté liquide.
Et si tu pars, je reviendrai
A aimer cet objet abstrait.



Saleté

Cendre noire sur neige blanche :
On crache sur ce qui est beau.
J'essuie le mirroir avec ma manche :
De la saleté, il y en a trop.
Je frotte, jusqu'à en avoir mal -
Même mon visage devient saleté.
Je crache dessus pour l'effacer,
Et le miroir redevient sale.
C'est un grand tourbillon vicieux,
Cruelle-réelle-réalité,
Ne plaît jamais aux yeux.
Comme quoi, l'obscurité - c'est mieux.


Folie

Perdue, apauvrie, amaigrie,
Elle marche seule sur le sentier.
Par ses malheurs poursuivie,
Elle continue sa randonnée.
Paranoiaque, elle se retourne :
Gauche, droite, avant, arrière, encore...
Sur elle-même elle tourne et tourne :
C'est la folie qui la dévore.
Sa seule amie, son compagnon,
Qui lui chuchote dans son sommeil,
Qui soutient la conversation -
Venin versé dans son oreille.

Thursday, March 14, 2013

French: Because I Can

il dit bonjour sans lever les yeux
et disparait rapidement dans une foule
de passants impatients qui ne remarquent pas
les lascérations de ma poitrine
ou les larmes qui se mêlent à l'eau de pluie

je rentre, meurtrie et anéantie 
par la seule personne qui ait jamais su 
me faire sourire comme une idiote qu'avec sa présence
qu'à présent je maudis prodigieusement

il n'a que connu la victime dévastée,
la pessimiste enrobée dans un cynisme obscur et fou
qui passait son temps à compter les gens
qui la laissaient pourrir dans son océan de larmes

s'il n'était pas parti si tôt
si je l'avais retenu en abandonnant 
mon masque de martyr incomprise
peut-être qu'il aurait trouvé autre chose enfoui 
danas les détritus nauséabonds de mon âme

peut-être que mon désespoir écrasant
aurait pu être alléger par une qualité qui m'est 
encore inconnue. mais les hypothèses 
d'un présent autre que celui qui est 
ne sont que des paroles vides de sens.

Alors qu'il s'échappe de mon monde empoisonner
je cherche refuge dans un lieu plus spatieux
où toute ma haine pourra brûler sans interruptions.